SULE DILEK ATASAYAR (1972)

Née le 2 septembre 1972 à Ankara (Turquie).

Turque. XXIe siècle.
 

Peintre, sculptrice, plasticienne.

 

Après avoir passé sa jeunesse à Ankara, Sule intègre l’atelier de sculpture de Aytac Kati aux Beaux-Arts d’Anadolu d’Eskisehir puis celui de Remzi Savas d’Hacettepe d’Ankara et obtient son diplôme en 1994. Elle s’installe à Istanbul en 1996, où elle enseigne les arts plastiques ainsi que l'histoire de l'art aux classes de lycée. Elle y crée également son propre atelier jusqu’en 2004. Durant cette période, elle participe à de nombreuses expositions: "Dessins et Sulpture" au Ministère de la Culture en 1996; "Art Agora" à l'Université Bilgi d'Istanbul où elle obtient le 3e prix de sculpture du concours international « De la mémoire à la modernité » en 1998; Salon international de l'art à Istanbul en 1998. En 1996, elle réalise un mémorial en l’honneur du syndicat ouvrier Hak-Is. En 2004 elle vient s’établir en France, tout d’abord à Paris, ensuite à Brest où elle présentera son travail dans diverses expositions, puis à Aix-en-Provence où elle travaille aujourd'hui.

 

"Depuis dix ans, je fais des recherches sur la notion de racine et de déracinement. Qu’est ce qu’une racine ? Qu’est ce qu’un déraciné ? Où est le rhizome humain ? Toutes ces questions m’ont amenée à m’interroger sur moi-même et me demande s’il est possible d’être déterritorialisé…"

Ce discours évoque des éléments de lieu, d’endroit, d’habitation. Ses dessins sont comme des mots écrits sur des supports blancs ou de couleur. En toile de fond, elle utilise une couleur unie, représentant une porte ouverte vers l'infini, et trace uniquement des racines. Cette situation engendre soit une appropriation de lieu, soit un sentiment d’appartenance à un espace de vide. L’emploi de couleur vive ou de variété de couleurs crée une frontière ou un plan réduit, autrement dit les couleurs tissent une frontière sur le plan, et dans cet enchevêtrement de couleur, il est difficile de contempler. Les racines sur fond uni, se réalisent d’elles-mêmes en se fondant avec le vide, elles se répandent en lui, s’emparent de lui, le vide de son côté opère de la même manière envers les racines. Le fond de couleur unie, se fend avec les traits, casse le vide, l’envahit, se fond en lui, se répand, progresse, grandit, s’amplifie et fait tâche d’huile. Les racines se forment par répétition, par relation avec le fond uni, par posture, par les inflexions du tracé. Le début et la fin sont indéfinis. Cette indéfinition provient de la sinuosité, du serpentement des racines sur le plan de composition. Les tracés en passant par des régions indéfinies, en modifiant leurs propres limites, sont des mutations enchevêtrées les unes dans les autres.

Les racines tracées sur le plan semblent soit se dessiner à l’horizon, soit au contraire s’entremêler de manière très proche. La densité du dessin provient de la génération de lignes issues les unes des autres et exécutées à des vitesses différentes. Les racines sans s’interrompre circulent à l’intérieur d’elles-mêmes. Montant et descendant, elles cohabitent. De cette manière elles se densifient. Cette densité est floue : est-elle issue de la sinuosité intrinsèque de chacune d’entre elles ou de leur enchevêtrement ? Le plan est l’horizon des tracés, ceux-ci ne changent pas et ne peuvent pas changer, ils sont des variations agencées entre elles. Temporels, ils sont des fragments. Un à un ils meublent, envahissent ou remplissent le plan. Le plan est là pour lier entre eux les tracés se croisant et croissant sans cesse. Inséré entre eux, superposé à eux, il y a un mouvement sans fin, Il contient non seulement un renoncement à continuer à s’étendre dans un même sens, mais aussi une volonté de retour, de se retirer du milieu, de l’environnement. Tous les tracés sont une entité réalisant la racine, Avec une absence de distance entre les jonctions et les différences elles s’incrustent les unes dans les autres, de nouveau; une répétition infinie est un véritable poids. Les tracés ne se détachant pas les uns des autres ainsi réalisés sur un fond uni sont le symbole d’une racine, d’un foyer. Les racines sont une quantité finie, un ensemble d’éléments inséparables.

Georges Seurat définit la peinture comme l’art de creuser la surface. La toile est une perspective superficielle. Par le matériau employé dans la composition, par la profondeur ou la perspective donnée, elle y concentre les ombres et les couleurs, la surface monte, elle se dépose par couches.

"Ma croyance est que la toile, si superficielle paraisse-t-elle, possède un fond, mon but est d’atteindre ce fond. Les tracés cheminant sans cesse sur la surface sont à la recherche de la voie vers cette profondeur. Mon objectif est d’y trouver le jardin secret. Le déplacement multilinéaire, d'un point à un autre, le mouvement relatif, d'une ligne issue de lignes. Ce que j’ai réalisé, ce n’est pas me rendre maître d’un jardin secret en passant par une distraction extrême, une plongée dans une perte de conscience ou une incitation des sentiments. Il s’agit simplement d’un don de soi. Je résiste à ce que ces tracés ne finissent pas avant d’arriver au jardin secret, il n’y a pas de fin sur ce plan de composition."

 

 

 

 

 

Born in September 2nd 1972 in Ankara (Turkey).

Turkish. Twenty-first century.

 

Painter, sculptor.

 

After spending her youth in Ankara, Sule integrates Aytac Kati's sculpture workshop in the Scool of Fine Arts of Anadolu in Eskisehir then Remzi Savas's of  Hacettepe in Ankara and graduated in 1994. She moved to Istanbul in 1996, where she teaches visual arts and the history of art in High school. She also created her own studio until 2004. During this period, she participated in numerous exhibitions : "Drawings and Sulpture" by the Ministry of Culture in 1996; "Art Agora" at Bilgi University in Istanbul, where she won the 3rd prize in the international sculpture competition "From memory to modernity" in 1998; International Art Fair in Istanbul in 1998. In 1996, she made a memorial in honor of the Hak-Is' trade union. In 2004 she settled in France, first to Paris, then to Brest where she presented her work in various exhibitions and in Aix-en-Provence where she is now living.

 

"For ten years, I am researching the concept of root and uprooting. What is a root ? What is uprooted? Where is the human rhizome? All these questions led me to ask me about myself and wonder if it is possible to be deterritorialized..."

This speech evokes elements of place and residence. Her drawings are like words written on white or colored media. In the background, she uses a solid color representing an open door to infinity, and only traces roots. This creates an appropriation of place, a sense of empty space. The use of bright color or variety of colors creates a border or a reduced level, colors weave a border on the plane, and in this tangle of color, it is difficult to contemplate. Roots on plain background, realize themselves based with empty, they spread in him, seized him, empty on its side operates in the same way to the roots. The solid background color, lunging with the features, the vacuum is released, invades, melts into him, spreading, growing, grows, amplifies and is spreading . The roots are formed by repetition, by relationship with the plain backgroun , by posture, by the inflections of the plot. The beginning and the end are undefined. This lack of definition comes from the winding, the snaking roots in terms of composition. Paths through undefined regions, by modifying their own limits, mutations are intertwined into each other .

Roots plotted on the map seem to be on the horizon, on the contrary become entangled so very close. The density of the drawing is from the generation of rows from one another and run at different speeds. The roots without interrupting flow within themselves. Up and down, they coexist. In this way they become denser. This density is unclear : is it the result of intrinsic skewness of each of them or their entanglement ? The plan is the horizon paths, they do not change and can not change, they are variations arranged between them. Time, they are fragments. One by one they furnish, invade or fill the plan. The plan is there to link the paths crossing and growing constantly. Inserted between them, superimposed on them, there is an endless movement, it contains not only a waiver to continue to extend in the same direction, but also a desire to return, to withdraw from the environment, the environment. All lines are an entity carrying out the root, with an absence of a distance between the junctions and the differences they are embedded into each other, again, is an infinite repetition real weight. Paths that do not separate from each other and made ​​on a plain background are the symbol of a root, a fireplace. The roots are a finite quantity, a set of inseparable elements.

Georges Seurat painting defined as the art of digging the surface. The canvas is a superficial perspective. By the material used in the composition, depth or perspective given, she focuses shadows and colors, the surface rises, it is deposited in layers.

"My belief is that the canvas seems so superficial she has a background, my goal is to reach the bottom. Plots constantly journeying on the surface are in search of the way to that depth. My goal is to find the secret garden. multilinear movement from one point to another, the relative movement, line after line. what I realized it, it does not make me master of a secret garden through extreme distraction, diving into unconsciousness or solicitation feelings. this is simply a gift of self. I resist that these plots do not end before reaching the secret garden, there is no end to this plan of composition".